Un panama n’a jamais protégé personne du conformisme. Pourtant, ce chapeau de paille, véritable ambassadeur d’un style à part, cache derrière sa silhouette familière une histoire et un savoir-faire qui méritent qu’on s’y attarde. Avant de le poser nonchalamment sur sa tête, mieux vaut en saisir les codes, les origines, et les pièges à éviter.
Le long parcours du panama
À rebours des clichés, le panama ne vient pas du Panama. Il est né en Équateur. Au début du 20ème siècle, lors du percement du canal du même nom, les ouvriers équatoriens arboraient ces chapeaux pour se protéger du soleil brûlant. L’image est restée célèbre : Franklin Roosevelt, président des États-Unis, coiffé du fameux couvre-chef lors de l’inauguration du canal. Pourtant, l’histoire du panama remonte bien plus loin. Dès le 16ème siècle, les Conquistadors découvrent en Équateur les « tocas », chapeaux tressés à la main par les habitants de la province de Guayas. Le panama, c’est donc d’abord un héritage indigène, devenu emblème mondial.
La fabrication du panama équatorien
Le secret du panama, c’est la paille de toquilla. Ce palmier, qui ne pousse qu’en Équateur, fournit la matière première irremplaçable. Les artisans sélectionnent les jeunes pousses, les découpent, les font bouillir, puis les laissent sécher. La paille ainsi préparée est ensuite tressée autour d’un moule en bois, du centre vers les bords, une opération longue, minutieuse, qui peut demander près de deux mois pour les modèles les plus raffinés. Pour finir, deux rubans viennent compléter l’ensemble : l’un, à l’intérieur, permet d’ajuster le chapeau à la tête ; l’autre, à l’extérieur, apporte la touche élégante et discrète du panama.
Où dénicher son panama ?
Le choix du panama ne se fait pas à la légère. Montecristi, petite ville d’Équateur, fait figure de référence absolue. Les panamas qui y sont tressés comptent parmi les plus recherchés au monde. Leur finesse tient au nombre de brins de paille utilisés et au travail intégralement réalisé à la main. Certains ateliers, comme celui de Delgado, accueillent les visiteurs pour dévoiler chaque étape, du tressage à la finition, et permettre de repartir avec un chapeau personnalisé. À Cuenca, une ville pleine de charme dominée par ses clochers coloniaux, on trouve des modèles traditionnels plus accessibles. Ici, le tressage en chevrons et le moulage final à la presse donnent naissance à des panamas robustes et élégants. Pour les curieux, le Musée du Chapeau propose une plongée au cœur de cette tradition et l’occasion de trouver le panama qui vous ressemble. Plus d’informations sont disponibles sur le site du Musée du Chapeau.
Prendre soin de son panama équatorien
Quelques précautions s’imposent pour garder un panama en parfait état. Tous les modèles ne supportent pas d’être pliés. Avant de rouler le vôtre, vérifiez auprès du vendeur s’il est conçu à cet usage. Même les panamas dits « pliables » ne devraient pas rester roulés plus de 48 heures d’affilée, sous peine de perdre leur forme. Pour manipuler le chapeau, oubliez le pincement du sommet : il vaut mieux le saisir par le bord, afin d’éviter toute déformation et d’assurer sa longévité.
Reconnaître un vrai panama : la méthode infaillible
Sur les marchés, la confusion règne souvent entre chapeaux authentiques et imitations bas de gamme. Un détail fait la différence : regardez le sommet du chapeau. Si le tressage dessine une rosette bien centrée, alors vous êtes face à un panama réalisé dans les règles de l’art. Ce petit repère visuel vaut toutes les garanties.
Porter un panama, c’est choisir de sortir du lot, mais aussi d’honorer un artisanat séculaire. Le prochain été approche : qui sait, derrière la simple élégance d’un chapeau, combien de siècles d’histoire et de gestes patients s’inviteront sur votre tête ?



