En 2011, la dernière scène de « Something Borrowed » a laissé bien des spectateurs sur le fil. Depuis, les années passent, mais la question reste : la suite, c’est pour quand ?
Le film adapté du roman « Something Borrowed » s’est achevé sur une note suspendue. Un second livre, « Something Blue », existe déjà, et un scénario patientait même dans les tiroirs. Pourtant, rien ne bouge. La récente publication par Kate Hudson d’un extrait culte du film sur les réseaux sociaux a relancé les débats : les fans, de toutes générations, n’ont pas lâché l’affaire. Certains s’impatientent ouvertement : « Alors, où est le deuxième film ? Je fais une recherche tous les ans ! », lâche une internaute. D’autres réclament carrément qu’on leur rende justice : « Donnez-nous l’histoire de Darcy. On en a besoin. » Le cœur du public bat encore pour ces personnages, et sur tous les fils de discussion, une seule question revient en boucle : « Quand pourra-t-on enfin voir Something Blue ? »
Colin Egglesfield, alias Dex, fait le point (et tempère les espoirs)
Du côté des acteurs, la frustration n’est pas moins vive. Colin Egglesfield, qui incarnait Dex, l’amoureux complexe de Kate Hudson, a accepté de lever (un peu) le voile sur ce qui bloque la suite tant attendue. Sa réponse tranche : il s’agit d’une affaire de gros sous, mais pas seulement. « C’est une combinaison de facteurs », explique-t-il. Il pointe du doigt le raz-de-marée Netflix, l’arrivée des home cinémas et la mutation des habitudes de consommation : « Les gens ont commencé à délaisser les salles pour le streaming. »
Egglesfield évoque aussi la concurrence féroce : « Il y avait tellement de séries de qualité, sur HBO, Netflix, Cinemax, Showtime… Même les acteurs les plus recherchés du cinéma se sont mis à tourner pour la télévision. » Lui-même observe que les studios ne veulent plus mettre sur la table les sommes nécessaires pour des comédies romantiques de l’ampleur de « Something Borrowed » ou « Pretty Woman ». Les budgets s’envolent, les retours sont incertains.
« Something Blue » face à l’impitoyable logique financière
L’acteur ne se fait pas d’illusions sur le sort réservé à ce type de films. Il détaille avec une lucidité désarmante :
- Des productions qui réclament entre 30 et 100 millions de dollars.
- Des recettes au box-office qui déçoivent, loin des chiffres d’antan.
Selon lui, deux options subsistent aujourd’hui : des blockbusters aux budgets astronomiques ou de petits films indépendants où les acteurs acceptent de jouer pour une rémunération minimale, séduits par la qualité de l’histoire. Mais là encore, la réalité rattrape vite les rêves : « Il faut bien payer les factures », glisse-t-il sans détour.
L’époque où la comédie romantique régnait en maître sur les écrans semble bel et bien révolue. Egglesfield confie sa nostalgie : « Les rom-coms me manquent. Ce genre me manque vraiment. Il y a eu tant de grands films dans les années 90 et 2000, et aujourd’hui, on ne les retrouve plus. » Il observe que ce style survit surtout sur les chaînes comme Lifetime ou Hallmark, mais avec des moyens très en-deçà des studios hollywoodiens.
La suite de « Something Borrowed » attend donc son heure, coincée entre la nostalgie du public et la dure loi du marché. Reste à voir si un jour, le cinéma osera de nouveau miser sur cette histoire que tant de spectateurs espèrent encore retrouver dans les salles obscures.

