Nous voulions affronter deux références japonaises dans le segment des maxi-scooters avec un déplacement compris entre 300 et 400 cm2, un secteur en plein essor également sur le marché suisse, avec un nouveau venu de la marque allemande. Donc c’est BMW contre Honda et Yamaha. Ou, plus précisément, la BMW C 400 GT qui fait face à la Honda Forza 300 et à la Yamaha XMAX 300.
Regrouper ces trois scooters sur une même ligne de départ, c’est mettre face à face trois monocylindres refroidis par liquide, pensés pour allier modernité, performance et confort. Ni tout à fait sportifs, ni tout à fait routiers, ils jouent la carte du compromis. Leurs châssis sont conçus pour garantir une certaine rigueur en courbe sans pour autant sacrifier le bien-être du pilote, même sur longue distance. Dans ce trio, Honda Forza 300 et Yamaha XMAX 300 n’ont rien à voir avec d’autres modèles de leur catalogue respectif : ils se distinguent par une identité propre. Cette année-là, la Forza 300 s’offre un sérieux lifting : héritage stylistique du Forza 125, apparition du contrôle de traction, clé sans contact, et surtout, une perte de poids appréciable par rapport à l’ancienne version.
Le XMAX 300 a pris la relève du XMAX 250, en intégrant lui aussi une gestion électronique de traction et un démarrage sans contact façon Honda. Sur quelques marchés européens, Yamaha continue de proposer son XMAX 400, plus puissant mais aussi plus ancien, cependant, il ne figure plus au catalogue suisse.
La Yamaha n’a qu’un seul disque de frein à l’avant.
Sur la Yamaha comme sur la Honda, un seul disque de frein équipe la roue avant. Pour un freinage appuyé, il faut bien saisir les leviers, main gauche, main droite ou les deux ensemble, au choix. La version récente du BMW C 400 GT, qui dérive du C 400 X mais ajoute une bulle, bénéficie d’une cylindrée supérieure. Cet avantage se ressent sur la fiche technique, mais dans la réalité, le supplément de puissance s’efface face au surpoids de la BMW, surtout en ville ou sur les routes sinueuses. Ce n’est qu’à plus de 100 km/h, lors d’un dépassement sur autoroute, que l’allemande prend un léger ascendant. Même avec un passager, la Yamaha reste dans la course.
Le monocylindre BMW, lui, vibre davantage. À l’inverse, le moteur Honda tourne dans un silence presque exagéré, ce qui devient un atout pour les déplacements quotidiens. La Yamaha joue l’équilibre entre ces deux extrêmes, délivrant un son plaisant mais sans excès de vibrations. Entre 40 et 90 km/h, tous trois réagissent promptement à la poignée. Leur frein moteur, typique de la transmission par variateur et courroie, disparaît brusquement sous 2000 tr/min : un détail qui peut gêner dans les descentes raides, comme on en trouve à Lausanne. Il faut alors bien doser les freins pour garder le contrôle.
Deux disques de frein à l’avant pour la BMW.
La qualité du freinage ne prête pas à discussion : chacun de ces scooters inspire confiance. Mais la BMW se détache grâce à ses deux disques à l’avant, qui offrent plus de puissance et un dosage plus précis. Le XMAX et la Forza, grâce à leur gabarit plus léger, ne se sentent pas lésés, mais il faut tout de même tirer fort sur les leviers pour obtenir le même mordant. Les systèmes ABS, peu raffinés, interviennent rapidement sur la roue arrière dès que l’on pousse.
Leur châssis partage une vocation sportive : ces scooters prennent de l’angle avec une facilité déconcertante. Reste que la limite arrive vite, surtout côté pneus et suspensions. Sur la Yamaha, la béquille centrale frotte dans les virages serrés pris avec optimisme.
Les Japonais sont plus maniables
Face à ses concurrentes japonaises, la BMW C 400 GT se montre un peu moins à l’aise en ville. Rien d’ingérable, loin de là : elle se faufile correctement, avec une stabilité rassurante. Mais le XMAX et surtout le Forza brillent par leur agilité à basse vitesse, un atout pour les manœuvres sans moteur, dans un parking ou dans la circulation dense.
Sur les pavés du centre de Lausanne, la BMW encaisse bien les irrégularités. Les trois modèles procurent un confort de haut niveau, grâce à des suspensions et à des selles bien conçues. Les différences sont subtiles : la Forza, par exemple, offre une assise plus étroite, avantageuse pour les petits gabarits qui souhaitent poser les deux pieds à plat. Cependant, à basse vitesse, les petits chocs répétés se font plus sentir, moins à cause des suspensions qu’en raison des pneus Pirelli Diablo Scooter, qui manquent d’élasticité sur ce type de revêtement. Un professionnel de Moto Loisirs (concessionnaire Honda à Lausanne) conseille d’opter pour des pneus Michelin et de baisser la pression pour gagner en souplesse. Son expérience fait référence dans le secteur.
Les pneus montés sur la Honda, associés à une suspension avant un peu rigide, n’aident pas non plus le confort à basse vitesse. Changer de monte devrait nettement améliorer la situation. En revanche, la stabilité et la maniabilité de la Forza restent remarquables. Les suspensions de la BMW et de la Honda se montrent plus fermes, limitant les mouvements parasites à l’accélération ou sur route dégradée. Le XMAX 300, lui, apparaît plus vif mais moins précis sur l’arrière, ce qui crée parfois un léger déséquilibre avec l’avant.
Chacun de ces scooters embarque un contrôle de traction, simple mais efficace, qui sécurise le pilote et son passager. Ce dernier trouvera la selle de la Yamaha particulièrement large à l’arrière, ce qui complique un peu la montée à bord. Une fois installé, il bénéficie cependant d’une bonne assise et de poignées solides. Les trois modèles acceptent sans rechigner la présence d’un second occupant, ce qui atténue légèrement leur réactivité mais ne les empêche pas de relancer fort et de s’extraire du trafic. Les blocs monocylindres refroidis par liquide tiennent la distance.
La suspension arrière du XMAX, plus souple, filtre bien les pavés mais manque de fermeté sur les petites routes prises à bon rythme. Cette spécificité se remarque surtout en comparaison des deux autres. Côté équipements, la BMW sort du lot en proposant un écran couleur et une connexion smartphone optionnelle. Pour en profiter réellement, il faut disposer d’un intercom compatible, ce qui n’est pas garanti avec toutes les marques. Le démarrage sans clé, commun aux trois scooters, s’avère plus intuitif sur la BMW. Sur la Forza, il faut rester vigilant : il est facile de laisser le contact sans le savoir, ce qui risque de vider la batterie. La Yamaha, elle, vous rappelle à l’ordre par un signal sonore persistant.
Le coffre de Yamaha est le plus spacieux
La capacité de rangement sous la selle varie nettement selon les modèles. Voici un aperçu des solutions proposées :
- La Yamaha offre un coffre vaste, capable d’accueillir sans problème deux casques intégraux et deux poches supplémentaires.
- La Honda Forza permet aussi de loger deux casques, mais l’espace est plus limité et il faut jouer de précision pour tout faire rentrer.
- La BMW accepte deux casques, mais seulement à l’arrêt et rarement deux intégraux : un casque jet et un intégral au maximum, une fois le « soft boot » déployé.
Un détail pratique du Forza : équipé d’un top case (option payante), il se déverrouille automatiquement si la clé sans contact est sur vous.
Le coffre de la Yamaha, un peu biscornu dans sa forme, reste le plus généreux. Côté protection, la Honda se distingue : seule du trio à proposer un pare-brise électrique, réglable à la commande, elle protège mieux du vent et de la pluie dans sa position haute, avec un niveau de turbulences réduit. Les différences restent toutefois mesurées entre les trois.
Sous la selle de la Forza 300, il est possible de loger deux casques intégraux. Pour les commandes, BMW et Yamaha intègrent les clignotants dans les carénages : moins exposés en cas de chute, mais plus visibles sur les rétroviseurs de la Honda. Il faut cependant s’habituer au positionnement du klaxon et du bouton clignotant sur cette dernière, inversé par rapport aux standards du marché.
Deux casques peuvent trouver place sous la selle de la BMW, mais pas deux intégraux, et seulement une fois le scooter à l’arrêt. Sur ce point, la BMW marque un léger retrait, tout comme sur l’autonomie : son réservoir et sa consommation ne permettent pas de dépasser 250 km lors de trajets avec de longues portions rapides. À l’opposé, la Forza franchit aisément les 350 km, et le XMAX 300 se montre lui aussi sobre.
Les tableaux de bord du XMAX et du Forza adoptent une même logique : deux grands compteurs à aiguilles, encadrant un écran numérique central. La Yamaha se lit plus facilement au soleil. De son côté, la BMW propose un écran couleur riche en informations, mais la navigation dans les menus demande de la patience. Remettre un trip à zéro, par exemple, relève du petit défi. Sur ce terrain, les scooters japonais font preuve de simplicité.
Ce trio ne représente qu’une partie de l’offre maxi-scooter sur le marché. D’autres modèles existent, comme le Honda SH 300 à grandes roues (lire notre test), la Vespa 300 hpe, le Piaggio Beverly 350, le Kawasaki J 300 plus sportif (essai complet), le Cruisym 300 ou encore le Kymco XCitation 400. L’arbitrage final dépendra de votre usage et de vos priorités.
Au fond, chaque scooter de cette catégorie compose sa partition entre performance, confort, agilité et équipements. Reste à choisir celui dont la musique vous accompagnera avec le plus de justesse sur l’asphalte des villes et des grands axes. À chacun son tempo, à chacun sa route.





